mardi 3 avril 2012
Macky Sall nomme Abdoul Mbaye Premier ministre. Voici son portrait!
Macky Sall a nommé mardi soir Abdoul Mbaye, chef d'entreprise et ex-banquier, au poste de Premier ministre, selon un décret présidentiel lu mardi soir devant la presse.
M. Mbaye, âgé de 59 ans, est un chef d'entreprise, ancien banquier, formé au Sénégal et en France. Réputé sérieux et rigoureux, c'est un technocrate jusqu'ici inconnu dans le ghota politique sénégalais.
Le nouveau chef de gouvernement doit former une équipe réduite de 25 membres au maximum.
"Ce sera un gouvernement qui devra conduire les affaires publiques dans la plus grande transparence, selon les principes de bonne gouvernance", a déclaré M. Mbaye à la presse juste après sa nomination.
"La principale priorité sera de se mettre au travail. Le président Macky Sall tient à ce que ses engagements devant le peuple soient respectés", a-t-il ajouté.
Abdoul Mbaye est le premier chef de gouvernement de l'ère post-Abdoulaye Wade, qui dirigeait le pays depuis 2000 et qui a été battu au second tour par son ex-Premier ministre et homme de confiance Macky Sall.
La nomination de M. Mbaye a été précédée du premier discours à la nation de M. Sall dans lequel ce dernier a annoncé une rupture dans la gestion publique.
"Tout est urgent", a indiqué Macky Sall, citant notamment l'école, la santé et les prix des denrées de première nécessité dont le riz, l'huile et le sucre dont le prix a connu récemment une hausse.
Il a indiqué à l'endroit de ses collaborateurs qu'il "ne protégera personne" parce que, estime-t-il, "le pouvoir est fait pour servir et non se servir".
"Gouverner autrement, c'est bannir les passe-droits, la favoritisme et le trafic d'infuence, mettre l'intérêt public au dessus de toute autre considération", a dit Macky Sall.
"Il ne saurait y avoir de place pour la sollicitation à des privilèges ou des avantages indus".
Le président Sall a indiqué que "l'Etat et ses démembrements (représentations) réduiront leur train de vie", évoquant notamment une rationalisation des missions à l'étranger et de la carte diplomatique.
Macky Sall, qui s'exprimait à la veille de la célébration des 52 ans de l'indépendance du Sénégal, ex-colonie française, a également annoncé la dissolution prochaine de l'Assemblée nationale et un report des élections législatives, initialement prévues le 17 juin, au 1er juillet.
"Compte tenu des délais courts qui nous séparent de la date des législatives, j'ai consulté la nouvelle opposition (pour un report du scrutin). Faute de consensus, l'Assemblée nationale sera dissoute conformément aux dispositions constitutionnelles", a-t-il dit.
Ce scrutin législatif doit renouveler les 140 députés à l'Assemblée nationale qui est actuellement largement dominée par le Parti démocratique sénégalais (PDS) d'Abdoulaye Wade.
Concernant le conflit en Casamance (sud) en proie depuis 30 ans à une rébellion indépendantiste, M. Sall a "tendu une main fraternelle aux dirigeants et combattants" de cette rébellion du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) pour le règlement pacifique d'un conflit "qui n'a que trop duré". La gestion de cette crise se fera "en association avec les pays voisins de Gambie et Guinée-Bissau", a-t-il ajouté.
Abdoul Mbaye:
Formation:
Il est diplômé de l'École des hautes études commerciales de Paris (HEC-Paris), de la Sorbonne et de l'Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar.
Carriére:
En 2012, prémier ministre du gouvernement Macky Sall.
En 1976, il rejoint la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest comme économiste au département Recherche où il travaille sous les ordres de Alassane Dramane Ouattara.
En 1982, il est nommé par le président Abdou Dioufpresident Directeur Général de la Banque de l'habitat du Sénégal.
En 1990, il participe à la restructuration de la BIAO-Senegal et devient le Directeur Général de la Compagnie bancaire de l'Afrique occidentale (CBAO) créée sur les cendres de la Banque internationale pour l'Afrique occidentale (BIAO). Tout en étant à la tête de la CBAO, Abdoul Mbaye lance la première société de leasing au Sénégal et le premier fonds d'investissement de l'Afrique de l'Ouest.
En 1999 il fait partie du consortium qui rachète la Banque sénégalo-tunisienne dont il devient le Directeur Général. Il parvient à redresser les résultats qui progressent considérablement les trois années suivantes.
En 2006, Attijari Bank rachète la majorité des parts de la BST. Le consortium mené par Abdoul Mbaye réalise une belle plus-value lors de l'opération.
Famille
Abdoul Mbaye est le fils du juge Kéba Mbaye et le frère du chef d'entreprise Cheikh Tidiane Mbaye.
Prestation de serment de Macky Sall: La fausse note du président du Conseil constitutionnel
La cérémonie de la prestation de serment du nouveau président de la République était empreinte de solennité et d’émotion. Mais il y a eu une fausse note. Et celle-ci n’est pas venue de n’importe qui, mais du président du Conseil constitutionnel, Cheikh Tidiane Diakhaté.
Le président du Conseil constitutionnel a profité de la présence des hôtes du Sénégal pour solder des comptes. « Le Conseil constitutionnel estime avoir dit le droit en toute impartialité, malgré les insultes et les contrevérités », a lancé le président du Conseil constitutionnel devant les chefs d’Etat, les délégations des gouvernements des pays amis du Sénégal et les autres couches sociales qui ont pris part à la cérémonie de prestation de serment.
Le président du Conseil constitutionnel s’est mis dans la peau d’un revanchard. Il fait manifestement allusion aux critiques balancées contre les cinq sages après la validation de la candidature de Me Abdoulaye Wade lors du scrutin du 26 février. Contre l’avis des juristes et la mobilisation des partis de l’opposition et la société civile, les membres du Conseil constitutionnel ont cautionné la participation de Me Wade à l’élection présidentielle. Les manifestations contre cette décision ont fait une dizaine de morts.
Par respect à la solennité de la cérémonie de prestation de serment et à la mémoire des victimes de la répression policière, le président du Conseil constitutionnel aurait dû éviter de rappeler aux Sénégalais ces moments sombres de leur histoire. Les hôtes du Sénégal qui ont à l’unanimité voulu saluer le bel exemple de culture démocratique administré au monde attendaient un discours rassembleur.
C’est pourquoi, le président du Mouvement Luy Jot Jotna, Chieikh Tidiane Gadio ne s’est pas privé de fustiger la démarche du président du Conseil constitutionnel. « On attendait un discours de réconciliation. Ce qu’il dit ne correspond pas à la vérité. C’est un jour de joie et de rassemblement de tous les Sénégalais », a dit le Dr Gadio. Les autres citoyens sénégalais ont manifestement le même sentiment, en attestent les cris de désapprobation des propos de M. Diakhaté qui étaient audibles dans la salle d’audience.
ISSA NDIAYE
Le président du Conseil constitutionnel s’est mis dans la peau d’un revanchard. Il fait manifestement allusion aux critiques balancées contre les cinq sages après la validation de la candidature de Me Abdoulaye Wade lors du scrutin du 26 février. Contre l’avis des juristes et la mobilisation des partis de l’opposition et la société civile, les membres du Conseil constitutionnel ont cautionné la participation de Me Wade à l’élection présidentielle. Les manifestations contre cette décision ont fait une dizaine de morts.
Par respect à la solennité de la cérémonie de prestation de serment et à la mémoire des victimes de la répression policière, le président du Conseil constitutionnel aurait dû éviter de rappeler aux Sénégalais ces moments sombres de leur histoire. Les hôtes du Sénégal qui ont à l’unanimité voulu saluer le bel exemple de culture démocratique administré au monde attendaient un discours rassembleur.
C’est pourquoi, le président du Mouvement Luy Jot Jotna, Chieikh Tidiane Gadio ne s’est pas privé de fustiger la démarche du président du Conseil constitutionnel. « On attendait un discours de réconciliation. Ce qu’il dit ne correspond pas à la vérité. C’est un jour de joie et de rassemblement de tous les Sénégalais », a dit le Dr Gadio. Les autres citoyens sénégalais ont manifestement le même sentiment, en attestent les cris de désapprobation des propos de M. Diakhaté qui étaient audibles dans la salle d’audience.
ISSA NDIAYE
lundi 2 avril 2012
Abdou Diouf s’exprime enfin sur la situation sociopolitique de son pays et brille par son absence à la cérémonie de prestation de serment du nouveau président élu, Macky Sall.
Le secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), Abdou Diouf, a salué l’élection de Macky Sall à la présidence de la République, affirmant qu’avec cette nouvelle alternance, les ’’acquis démocratiques fondamentaux’’ du Sénégal ont été ’’préservés’’ et ’’consolidés’’. Abdou Diouf avait affirmé à plusieurs reprises, surtout dans les périodes de troubles, qu’il ne se mêlerait jamais de la situation sociopolitique de près ou de loin.
’’Les acquis démocratiques fondamentaux du Sénégal ont ainsi été préservés et même consolidés. Cette nouvelle alternance est un exemple pour tout l’espace francophone et pour tout le continent africain’’, dit l’ancien chef de l’Etat du Sénégal, dans un communiqué transmis à l’APS.
’’Nous devons nous féliciter des conditions dans lesquelles cette élection s’est tenue et je rends hommage au comportement du Président sortant Maître Abdoulaye Wade’’, a-t-il déclaré, selon la même source.
Cette nouvelle alternance ’’démontre avec éclat que de bonnes élections, libres et fiables, avec une participation active de toutes les forces politiques et un engagement responsable des électeurs, restent le meilleur fondement de la légitimité démocratique’’, a soutenu le secrétaire général de l’OIF.
Macky Sall a été élu président de la République à l’issue du second tour du scrutin organisé, dimanche dernier, avec 65,8 pour cent des suffrages, contre 34,2 pour cent pour le président sortant Abdoulaye Wade, selon les résultats définitifs publiés vendredi par le Conseil constitutionnel.
La passation de service avec son prédécesseur a eu lieu le lundi 02 Avril 2012 après la prestation de serment au King Fahd Palace qui a vu la présence de nombreux Chefs d’États ou leurs représentants. Cependant Abdou Diouf que tous les observateurs espérait voir a brillé par son absence.
Avec l’Agence de presse sénégalaise (APS)
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